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Vidéo - Guerre en Ukraine : La Région orchestre la riposte économique

Comment maîtriser le coût du fret maritime ? Si tant est qu’il soit encore possible de le maîtriser. Après des difficultés liées au Covid, le fret international se trouve à nouveau fragilisé.

 

La Région Réunion a présenté ce vendredi matin ses pistes de réflexion pour contrer la hausse des coûts. 

Depuis le 24 février et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les principaux ports de l’Ukraine sont tombés entre les mains des forces russes, ce qui a pour effet de fermer les routes maritimes du pays connu pour ses productions céréalières notamment. 

Alors que les contre-coups de la pandémie de Covid commençaient à peine à se résorber, ce conflit met en difficulté le trafic en provenance ou à destination de la mer d’Azov. 

La situation conflictuelle des états occidentaux avec la Russie a aussi incité les compagnies maritimes à suspendre leur activité en Russie. C'est notamment le cas du numéro 1 mondial, le danois Maersk, ou encore du français CMA CGM. Au total, la capacité de fret maritime en Russie a été réduite de 62%. Résultat, les prix du fret, déjà particulièrement élevés, flambent à nouveau.

Un comité de pilotage se réunira tous les 15 jours

Autour d’Huguette Bello et de Patrick Lebreton ont pris place les acteurs économiques et maritimes. Il s’agissait là d’une toute première réunion de travail si l’on excepte celle d’août 2021 qui avait été déclenchée pour lancer le grand chantier de mandature de création d’une compagnie régionale. 

27 août 2021 : La Région se concerte avec les forces vives pour juguler la hausse du prix du fret


A la sortie de celle de ce matin qui a duré un peu plus de deux heures, la présidente de Région a annoncé la tenue d’un comité de pilotage qui se réunira tous les 15 jours sous la houlette de la préfecture. 

"Beaucoup de sujets ont été abordés comme celui de notre souveraineté alimentaire, énergétique" ou encore celui intemporel de "l’octroi de mer qui est un problème extrêmement complexe et difficile", reconnaît Huguette Bello. 

L'octroi de mer à la loupe

La collectivité fer de lance sur l’économie rappelle les chiffres qui font mal. La balance commerciale réunionnaise - "absolument déficitaire" pour reprendre le qualificatif d’Huguette Bello - affiche 4 milliards d’euros d’importations là où le péi exporte péniblement entre 500 et 600 millions d’euros de canne à sucre et de poissons principalement.

"Une refonte totale de l’octroi de mer n’est pas possible. Mais on est prêts à regarder pour ajuster. Ce qu’on veut regarder demain c’est est-ce qu’on peut être vraiment acteur ? (…)", tempère Patrick Lebreton. "Le consommateur ne veut pas que le produit augmente. Celui qui est producteur local veut qu’il y ait une marge différentielle entre l’importation et sa production locale pour qu’il dégage sa rentabilité et puis il y a les communes qui sont en quelque sorte le réceptacle de l’octroi de mer. Une commune comme Trois Bassins, c’est 41% de son budget de fonctionnement qui est alimenté par l’octroi de mer". Patrick Lebreton rappelle que 80% de la recette de l'OM est versée aux communes. "Quand des gens nous disent « allons jouer avec », on dit tout simplement : « attention derrière » car on ne peut pas se risquer à aller jouer avec des recettes attendues pour les collectivités."

Libérer des terres en friche

Après le constat viendra celui des pistes de réflexion à mener. Celui de la mise à disposition de terres en friche en fait partie. 

"Il faudrait 1000 hectares de terre pour arriver à notre autonomie alimentaire, les choses ne sont pas faciles. La Région, le Département en disposent. Avec ce comité, on pourra travailler là-dessus. Sur les terres que la Région possède, nous avons pour objectif qu'elles aillent à ces jeunes agriculteurs demandeurs mais qui ne trouvent pas de terre", explique-t-elle. L’ancienne maire de Saint-Paul prend aussi comme exemple le secteur de l’antenne 4 à mi-pente dans l’ouest comme une possibilité avec son 1 mètre à peine de profondeur de terre arable pour y dédier une culture comme celle de l’oignon, de l’ail. 

Conserver les produits récoltés, un défi technique

Autre piste de réflexion mise sur la table, celle de la conservation des produits pour parer à des hausses spectaculaires comme La Réunion en connaît aujourd'hui. Elle pense notamment à la tomate qui peut "se stocker, se réfrigérer pour éviter qu’elle monte à 8 ou 10 euros le kilo". Une perspective qui pourrait venir bousculer le schéma actuel de production à flux tendu. "On dit qu’à La Réunion on a pour trois mois de stock", avise la présidente sous forme de défi pour faire mieux à l'avenir. 

"La compagnie régionale maritime, il faut absolument qu’on la mette en place"

Un autre levier possible n’est pas pour tout de suite mais il s’agit d’une promesse de campagne faite en 2021. Face aux "60% d’importations qui viennent des pays d’Asie", la majorité régionale compte plus que jamais sur la création de sa compagnie régionale maritime. 

S'appuyer sur la plus-value des pays voisins

"Il faut absolument qu’on la mette en place. Il faut vraiment qu’on travaille avec les pays de la zone. Il faut travailler avec le peuple malgache. Ils produisent du riz pour 27 millions d’habitants, il pourrait y en avoir pour nous. Beaucoup d’importations viennent d’Amérique du sud, ne pensez-vous pas qu’on pourrait travailler avec le Kenya ou la Tanzanie ?", remet-elle sur le tapis le souhait d'une plus forte coopération régionale.

Loin d’être limitée aux pays de la zone, cette compagnie régionale maritime se projettera aussi sur le port de Sète en métropole. 

Avant de donner la parole à son vice-président Patrick Lebreton, Huguette Bello a enfin exhorté l’ensemble des acteurs économiques à se concerter. 

"On ne se parle pas assez. Ce matin, beaucoup d’informations ont été données aux uns et aux autres, entre importateurs, exportateurs, le MEDEF, la CPME.... On a besoin de partager pour aller vers ce même objectif d’autonomie alimentaire", lance-t-elle.
 
Le paquet sur la formation

Le dernier volet qui viendra accompagner cette volonté de "développement endogène" - pour reprendre un terme prôné il y a déjà une décennie lors les crises sociales portant sur la vie chère - la présidente de Région promet de mettre le paquet sur la formation, une autre des compétences de sa collectivité. 

"Nous avons besoin de former des ingénieurs, des ouvriers, des agriculteurs, on a besoin d’ouvrir le lycée de la mer", égrène-t-elle tous azimut. 

Le fruit de cette réflexion devrait encore plus mûrir dans quinze jours lors d’un nouveau tour de table en préfecture. 

Les répercussions de la guerre en Ukraine sont larges et affectent notamment le fret maritime déjà fortement impacté par la crise sanitaire. La présidente de...

Didier Fauchard, président du MEDEF Réunion et Frédéric Vienne, président de la chambre d'agriculture, livrent leur point de vue après la tenue ce 1er avril d'une réunion à la Région Réunion sur les conséquences économiques de la guerre en Ukraine.

Huguette Bello : " il faut renforcer la coopération régionale "

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