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Temple Ravine blanche : Un fidèle, agent communal au casier chargé, sort un sabre face à un jeune

Le jeune Hussein* souffre de problèmes psychiatriques suite à un traumatisme crânien après une chute du 4e étage. Des problèmes qui ont pris une tournure judiciaire en ce début de semaine peu avant 14h.

Une jeune femme se plaint auprès d’un membre du temple malbar de Ravine Blanche à Saint-Pierre qu'Hussein l'a agressée. Le père du jeune homme qui habite juste en face vient s’excuser. C’est à ce moment-là que François*, qui fréquente régulièrement le temple, intervient. Après une tentative de discussion, le fidèle de 46 ans ressort du temple avec un sabre. "C'était pour les empêcher de foutre le bordel" mais aussi pour "leur faire peur", avoue-t-il ce vendredi à la barre du tribunal correctionnel.
 

 

Les policiers arrivent quand François, toujours agressif, brandit le sabre en direction du père d’Hussein. Ce dernier arrive à son tour avec un sabre alors que les policiers sont enfin parvenus à maîtriser le fidèle énervé. 

Des couteaux pour "éplucher les cocos"

Les policiers doivent désormais gérer Hussein. Le jeune homme veut absolument en découdre. Face au danger, les forces de l'ordre tiennent d'abord en joue le jeune énervé avant de faire usage de leur gazeuse à main. Le père d'Hussein parviendra à le désarmer. 
 
L’interpellation n’est pas de tout repos pour les policiers. En moyenne, deux jours d’ITT leur ont été délivrés. Une des policières a reçu un coup de pied, un autre un peu de gaz dans les yeux. 
 
Face aux juges, Hussein reconnaît les faits et les regrette. 

François, chef d’équipe à la mairie de Saint-Pierre, reconnaît les menaces et la rébellion mais assure qu'il n'avait pas l’intention de se "bagarrer avec les policiers". En plus du sabre, trois couteaux de cuisine de type Opinel ont été retrouvés en sa possession alors que l’employé municipal est déjà sous le coup d’une interdiction de porter une arme. "Je m’en sers tous les jours pour éplucher des cocos", ose-t-il finalement répondre à la présidente du tribunal.
 
"Au nom de quoi vous vous posez en justicier du quartier?" lui lance la vice-procureure. "Moi si j’avais un enfant avec des problèmes psy, je le laisserais chez moi", rétorque-t-il. Un jugement et un comportement d’autant plus répréhensible que François est également le président d’une association de lutte contre la délinquance et d’aide aux personnes en difficulté. 

L’employé municipal au casier chargé
 
Pour se justifier, le quadragénaire aux 10 mentions à son casier judiciaire évoque un parcours difficile et une volonté de se sortir de l’alcool grâce à ses responsabilités familiales, professionnelles et associatives. 
 
"Tout ceci illustre la fragilité du vivre ensemble qui se révèle au moment où l’on ne supporte pas la différence", note le parquet qui requiert en fonction des personnalités des deux prévenus et des faits des peines de prison aménageables. 
 
Chaque avocat tente de faire porter la responsabilité de cette situation qui aurait pu virer au drame à la partie adverse. Me Aurélie Hoareau pointe le comportement de François alors qu'Hussein prend un traitement lourd et que l'altération de son discernement a été reconnue par un expert. 
 
Me Bernard Von Pine tient dans un premier temps à rappeler que son client François a assimilé une rupture de soins à l’alcool car il n'est pas médecin et s'appuie sur le témoignage d'un membre du temple pour décrire un homme d'ordinaire calme et responsable. 
 
Le coup de sang des deux prévenus a été condamné par le tribunal.  

François écope de 18 mois de prison dont 9 avec sursis. Un précédent sursis de 3 mois a également été révoqué. Sa peine ferme d'un an a été aménagée en détention à domicile. 

De même pour Hussein qui exécutera sa peine ferme de 4 mois en détention à domicile, 8 mois de sursis pèse au-dessus de sa tête. 
 
Les deux hommes ont également été condamnés à l'obligation de se soigner, d'indemniser les victimes ainsi qu'à l'interdiction d'entrer en contact et de porter une arme. 
 
Les parties civiles du père d’Hussein et des quatre policiers ont été reçues. Les deux condamnés devront leur verser au total 3.500 euros.
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